Confrontations

La matrice des confrontations

10 couples documentés sur 105 cases possibles, entre 15 auteurs. Pour chacun : la tension exacte, la phrase prête à poser dans la copie, et les sujets où le couple sert. Les cases vides le restent tant que l’attribution n’est pas sûre.

Liste des confrontations documentées

  • Rousseau / Hobbes (Classique) : Le lien entre les hommes est-il un sentiment antérieur à toute société, ou un pacte imposé par la peur de la mort violente ? Là où Rousseau voit dans la pitié une disposition naturelle qui précède toute réflexion, Hobbes ne reconnaît entre les hommes qu’un rapport réglé par la crainte et le souci de se conserver.
  • Kant / Nietzsche (Classique) : L’humanité est-elle une dignité à respecter inconditionnellement, ou une valeur héritée qu’il faut soumettre à la critique et dépasser ? Kant fait de l’humanité une fin en soi, qui interdit de traiter la personne comme un simple moyen ; Nietzsche demande d’où vient cette valeur et invite à voir dans l’homme un pont plutôt qu’un terme.
  • Arendt / Levinas (Plus fin) : Ce qui manque au criminel de bureau : la faculté de penser et de juger, ou la réponse au visage d’autrui ? Arendt situe la défaillance d’Eichmann dans l’absence de pensée et de jugement ; Levinas la situe plus en amont, dans le refus de la mise en question que provoque le visage d’autrui.
  • Montaigne / Las Casas (Plus fin) : Reconnaître l’humanité de l’autre : est-ce relativiser nos coutumes, ou dénoncer juridiquement les crimes commis contre lui ? Montaigne retourne l’accusation de barbarie contre ceux qui la portent en examinant nos propres usages ; Las Casas, lui, écrit pour faire cesser des destructions et rappeler que les Indiens sont des hommes de plein droit.
  • Darwin / Descartes (Classique) : La différence entre l’homme et l’animal est-elle de degré, ou de nature ? Descartes tient l’écart entre l’homme et la bête pour une différence de nature, marquée par la parole et la pensée ; Darwin n’y voit qu’une différence de degré, produite par une histoire commune.
  • Freud / Rousseau (Classique) : La violence des hommes vient-elle de la société qui les corrompt, ou d’une pulsion que la civilisation doit contenir ? Rousseau impute la violence à une histoire sociale qui a dénaturé l’homme ; Freud la rapporte à une agressivité intérieure que la civilisation refoule sans jamais l’abolir, au prix d’un malaise.
  • Lévi-Strauss / Kant (Plus fin) : L’unité du genre humain se dit-elle dans une loi morale valable pour tous, ou d’abord dans la diversité des cultures qu’il faut se garder de hiérarchiser ? Kant pense l’humanité comme une exigence universelle valable pour tout être raisonnable ; Lévi-Strauss avertit que l’on désigne trop vite comme barbare celui dont la culture n’est pas la nôtre.
  • Jonas / Descartes (Classique) : Faut-il se rendre maître et possesseur de la nature, ou faire de la vulnérabilité de la nature la source première de nos devoirs ? Au projet cartésien de nous rendre maîtres et possesseurs de la nature, Jonas oppose une responsabilité tournée vers ce que notre puissance technique peut détruire, y compris chez les générations futures.
  • Levinas / Sartre (Plus fin) : Autrui est-il celui dont le regard me chosifie, ou celui dont le visage m’oblige avant tout choix ? Chez Sartre, la rencontre d’autrui se joue d’abord dans un regard qui me fige en objet ; chez Levinas, elle se joue dans un visage qui m’assigne une responsabilité que je n’ai pas choisie.
  • Arendt / Primo Levi (Plus fin) : Comprendre l’extermination : par l’analyse du fonctionnaire qui l’organise, ou par le témoignage de celui qu’elle réduit à rien ? Arendt décrit l’inhumain du côté de l’appareil qui l’exécute sans y penser ; Primo Levi le décrit du côté de celui à qui l’on retire, méthodiquement, ce qui faisait de lui un homme.