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L’étranger est-il notre semblable ?

Dissertation intégralement traitée : distinguer semblable et identique, reconnaître un égal sans supprimer son altérité.

Le sujet#

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Dissertation intégralement traitée - Fondamental / concours

L’étranger est-il notre semblable ?

Difficulté

L'UNIVERSEL NE COMMENCE PAS LORSQUE TOUT LE MONDE NOUS RESSEMBLE. IL COMMENCE LORSQUE LA DIFFÉRENCE CESSE DE JUSTIFIER UNE INÉGALITÉ DE DIGNITÉ.

Les trois modes de travail#

« L'ÉTRANGER »

Le mot peut désigner :

celui qui n'a pas notre nationalité ; celui qui vient d'un autre pays ; celui qui n'appartient pas à notre groupe ; celui dont nous ne connaissons ni les usages ni la langue ; celui qui nous semble étrange ; celui qui demeure extérieur à notre monde familier ; plus largement, l'être dont l'altérité résiste à nos catégories.

Il faut donc distinguer :

ÉTRANGER JURIDIQUE et ÉTRANGER EXISTENTIEL OU CULTUREL.

Un citoyen peut nous rester profondément étranger.

Un non-citoyen peut devenir : un ami, un collègue, un conjoint ou un voisin.

« EST-IL »

Le sujet ne demande pas seulement : devons-nous le traiter comme notre semblable ?

Il demande aussi : existe-t-il effectivement une ressemblance ou une communauté entre nous ?

Il faut donc articuler : une question descriptive ; une question morale ; une question politique.

« NOTRE »

Ce possessif est décisif.

Qui constitue le « nous » ? une nation ? une culture ? une religion ? les citoyens ? L’humanité ? les êtres capables de souffrir ? les personnes ?

Tout « nous » produit potentiellement : un dehors.

« SEMBLABLE »

Semblable ne signifie pas : identique.

Deux êtres peuvent être semblables : par leur statut ; par leur vulnérabilité ; par leur appartenance à L'humanité ; par leur capacité à avoir des projets ;

tout en restant très différents par : leur langue ; leur histoire ; leur culture ; leurs croyances ; leur situation politique.

2.Le paradoxe central

L'étranger est précisément : celui qui ne nous ressemble pas assez pour nous être immédiatement familier.

Mais s’il était absolument sans rapport avec nous : nous ne pourrions même pas le comprendre comme étranger.

Le paradoxe central

Le concept suppose donc simultanément : UNE DIFFÉRENCE et UN MONDE PARTAGÉ.

  • Semblable / identique
  • Étranger / ennemi
  • Différence / infériorité
  • Hospitalité / assimilation
  • Accueil / droit d’installation
  • Appartenance humaine / citoyenneté
  • Proximité affective / égalité morale
  • Reconnaissance / appropriation
  • Universalisme / uniformisation
  • Frontière politique / frontière morale

Première réponse spontanée

Oui.

L’étranger appartient comme nous à L’humanité.

Il possède : un corps vulnérable ; des besoins ; une histoire ; des attachements ; une dignité ; la capacité d’être blessé par nos décisions.

La Déclaration universelle affirme que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits, sans faire de la nationalité une condition de cette dignité.

Difficulté

Dire que l’étranger est notre semblable peut devenir une nouvelle manière de supprimer son altérité.

Nous pouvons déclarer : « Vous êtes comme nous »

à condition qu'il : adopte nos usages ; parle comme nous ; abandonne certaines appartenances ; confirme notre représentation de l'humain ; cesse progressivement de paraître étranger.

La reconnaissance devient alors : assimilation.

Problématique

Comment reconnaître en l'étranger un égal sans exiger qu'il cesse d'être autre ? La similitude humaine repose-t-elle sur des propriétés communes, sur une égale dignité ou sur la relation par laquelle nous acceptons que l'autre demeure irréductible à nos catégories ?

  1. IL’étranger n’est pas spontanément notre semblable, puisqu’il est défini par une différence d’appartenance, d’usages et de monde.

    Pourquoi cette partie : il faut d'abord établir que l'étrangeté est une position relationnelle réelle avant d'examiner ce qu'elle ne suffit pas à justifier.
  2. IIPourtant, cette différence ne supprime ni la commune humanité ni l’égale dignité qui interdisent de le traiter en ennemi ou en être inférieur.

    Pourquoi cette partie : la reconnaissance de la différence dans la première partie n'implique aucune hiérarchie : ce présupposé doit être examiné et écarté pour lui-même.
  3. IIIReconnaître l’étranger comme semblable consiste moins à réduire son altérité qu’à construire une hospitalité politique dans laquelle égalité et différence peuvent coexister.

    Pourquoi cette partie : ni la différence pure ni l'égalité abstraite ne suffisent : c'est la relation institutionnelle qui manquait aux deux premières parties.

Ce plan n’est pas le seul possible : il est une manière cohérente de faire progresser la question.

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