Découverte10 min de lecturePage pédagogique

Les différents sens du mot « humanité »

Un seul mot, plusieurs idées.

« Humanité » peut désigner ce que nous sommes, l’ensemble auquel nous appartenons, une manière morale de nous conduire et même, historiquement, une forme de culture.

Cette multiplicité n’est pas un défaut du langage. Elle constitue l’une des clés du thème.

L’Académie française distingue précisément ces différents emplois, tandis que l’histoire du mot montre qu’ils se sont progressivement superposés depuis le Moyen Âge.

1. L’humanité comme condition#

Dans :

« La mortalité appartient à notre humanité »

le mot désigne la condition propre aux êtres humains.

Nous pouvons alors chercher ce que tous les humains auraient en commun :

la conscience, le langage, la raison, le corps, la vulnérabilité, le désir, la sociabilité, la technique, la culture ou encore la conscience de la mort.

Mais aucun de ces critères n’est immédiatement évident.

Si vous dites :

« L’homme est humain parce qu’il utilise des outils »,

il faudra affronter le fait que d’autres animaux en utilisent.

Si vous choisissez le langage, la conscience ou l’empathie, de nouvelles difficultés apparaissent.

C’est pourquoi définir l’humanité est déjà philosopher.

2. L’humanité comme totalité#

Dans :

« L’humanité a marché sur la Lune »

ou :

« L’humanité doit préserver la planète »,

nous transformons une multitude d’individus en un sujet collectif.

Ce petit mot, l’, est immense.

Il suppose que malgré :

  • les États ;
  • les langues ;
  • les religions ;
  • les cultures ;
  • les conflits ;
  • les différences sociales ;

nous pouvons envisager tous les humains comme appartenant à une même communauté.

Mais cette communauté existe-t-elle autrement que biologiquement ?

Voilà la question.

3. L’humanité comme vertu#

Autre phrase :

« Cette femme a fait preuve d’une grande humanité. »

Personne ne comprend :

« Elle a montré qu’elle appartenait à Homo sapiens. »

Nous parlons de compassion, de sensibilité, de bienveillance, de capacité à reconnaître la souffrance d’autrui. Ce sens moral appartient depuis longtemps à l’histoire française du terme.

Et voici le paradoxe :

Tout être humain n’est pas nécessairement « humain » au sens moral.

Nous pouvons donc appartenir à l’humanité et manquer d’humanité.

La philosophie commence souvent dans ce genre de fissure du langage.

4. L’humanité comme culture#

Enfin, les « humanités » ont historiquement désigné une formation intellectuelle, particulièrement liée aux lettres et aux cultures grecque et latine.

L’expression suppose quelque chose d’extraordinaire :

la culture contribue à humaniser l’homme.

Nous naissons humains biologiquement.

Mais peut-être devons-nous encore apprendre :

  • à parler ;
  • à juger ;
  • à comprendre autrui ;
  • à transmettre ;
  • à devenir autonomes ;
  • à vivre avec d’autres hommes.

L’humanité serait donc à la fois héritage et apprentissage.

Le conseil du professeur#

À retenir#

3 choses à retenir

  1. 1Le mot « humanité » est polysémique.
  2. 2Il désigne à la fois un fait et une valeur.
  3. 3Toujours identifier son sens précis avant de traiter un sujet.

Où en es-tu ?

Crée ton compte gratuit pour garder la trace de ce que tu as appris, sur tous tes appareils.

Ton geste est conservé : il s’applique tout seul dès que tu es connecté. Toutes les pages restent lisibles sans compte.

À lire ensuite

Les suites de lecture les plus proches de cette page, calculées automatiquement.

Sources

  • Académie française - entrée « humanité »
  • CNRTL - histoire et emplois de « humanité »

Une erreur sur cette page ? Signale-la.