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Babel : une humanité, plusieurs langues

Babel semble raconter l’origine de la diversité des langues. Mais le récit pose une question beaucoup plus intéressante : une humanité unie doit-elle nécessairement être uniforme ?

Au commencement de Genèse 11, les hommes parlent une même langue. À la fin, ils sont dispersés et leurs langues sont multiples.

Entre les deux : une ville, une tour, une ambition collective.

La Tour de Babel de Bruegel : une tour immense en construction, grouillante de chantiers.
Bruegel : Babel est un projet d'unité humaine. Sa dispersion pose la question qui traverse tout le thème — une humanité peut-elle parler une seule langue ?Pieter Brueghel the Elder · 1563 date · Public domain — Wikimedia Commons

1. Au commencement : une humanité unifiée#

Le récit s’ouvre sur une terre possédant une même langue et les mêmes paroles.

Voilà exactement ce dont rêverait peut-être aujourd’hui un ingénieur de la traduction universelle : zéro barrière linguistique.

Mais le texte ne transforme pas cette unité en paradis.

Au contraire, c’est à partir de cette unité que se développe le projet de Babel.

Premier paradoxe : parler tous la même langue ne garantit pas que le projet collectif soit juste.

2. « Faisons-nous un nom »#

Les bâtisseurs veulent ériger une ville et une tour et déclarent vouloir se faire un nom, précisément afin d’éviter leur dispersion sur la terre.

Deux désirs apparaissent donc :

LA PUISSANCE SYMBOLIQUE - avoir un nom.

LA CONCENTRATION - ne pas être dispersés.

Cela dépasse très largement l’architecture.

Le récit interroge une humanité qui veut se rassembler, s’identifier, se maintenir unie, bâtir grand.

3. Le problème est-il la hauteur ?#

Pas simplement.

4. Babel et la langue#

Le récit explique ensuite la diversification linguistique par la confusion du langage.

Son texte associe d’ailleurs le nom Babel à un jeu sur le verbe hébreu בָּלַל balal, « confondre, mêler ».

Nous obtenons alors une étrange humanité : commune par son origine, mais plurielle par ses langues.

Cela rejoint exactement notre page « L’humanité dans 20 langues ».

5. La diversité est-elle une malédiction ?#

Attention.

Le récit explique la pluralisation des langues dans le cadre d’une intervention divine qui empêche l’achèvement du projet.

Mais cela ne suffit pas à conclure : « toutes les différences culturelles sont une malédiction ».

À partir du texte, nous pouvons au contraire poser deux lectures philosophiques possibles.

Le texte devient alors extraordinairement moderne.

Pour viser plus haut#

À rapprocher de#

Lévi-Strauss : la diversité culturelle est-elle un obstacle ou une richesse ? Montaigne : comment rencontrer celui qui ne vit pas selon nos coutumes ? Cosmopolitisme : comment construire une communauté humaine sans État mondial uniforme ? Traduction : comprendre l’autre suppose-t-il de parler sa langue ? Intelligence artificielle : une traduction universelle supprimera-t-elle réellement l’incompréhension entre les hommes ?

La question est moins naïve qu’elle n’en a l’air.

À utiliser en dissertation#

Les 3 choses à retenir#

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  • L’humanité est-elle une ou plurielle ?
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Sources

  • Genèse - chapitre 11

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