Rome : de l’homme à l’humanitas
Rome nous lègue un mot dont nous n’avons jamais vraiment cessé de vivre : humanitas.
Il donnera humanité, humanities, humanisme, humanitaire. Mais humanitas ne signifie pas simplement « l’ensemble des humains » : elle peut désigner la formation de l’homme, sa culture et certaines qualités humaines.
Pour comprendre notre thème, Rome est donc un passage obligé.

1. Le monde grec passe à Rome#
La culture romaine savante assimile et transforme une grande partie de l’héritage grec.
La philosophie grecque est traduite, adaptée et réinterprétée dans un nouvel univers politique.
Cicéron joue un rôle majeur dans cette transmission philosophique au monde latin. La Stanford Encyclopedia souligne l’importance de cette adaptation romaine des traditions grecques.
2. Humanitas : devenir plus humain par la culture#
Deux siècles après Cicéron, Aulu-Gelle donne un témoignage particulièrement précieux sur le mot.
Il explique que les auteurs latins les plus attentifs rapprochaient humanitas non simplement de la philanthrôpia, la bienveillance générale envers les hommes, mais surtout de la paideia, c’est-à-dire l’éducation et la formation dans les arts libéraux.
Nous découvrons une idée magnifique : la culture forme l’homme comme homme.
3. Cicéron : culture et vie commune#
Dans le monde cicéronien, la formation de l’homme ne vise pas seulement l’érudition solitaire.
Éloquence, philosophie morale et engagement civique sont étroitement reliés.
C’est pourquoi humanitas peut devenir un pont entre culture personnelle et existence avec les autres.
4. Une difficulté majeure : humanitas n’est pas égalité universelle#
Il ne faut surtout pas idéaliser Rome.
La culture romaine connaît :
- esclavage ;
- hiérarchies de statut ;
- conquêtes ;
- domination impériale.
Ainsi, une civilisation peut élaborer un magnifique vocabulaire de l’humain sans reconnaître à tous les hommes les mêmes droits.
C’est exactement le paradoxe que nous avions déjà rencontré en Grèce.
5. Les Stoïciens romains et l’humanité élargie#
Chez Sénèque ou Marc Aurèle, la tradition stoïcienne développe l’idée d’une profonde parenté entre les êtres rationnels.
La Stanford Encyclopedia explique notamment que, chez Marc Aurèle, l’image du cosmos comme cité permet de penser un devoir envers l’ensemble de l’humanité, conçue comme communauté de concitoyens du monde.
Nous voyons émerger un « nous » plus vaste.
6. De Rome à la Renaissance#
Des siècles plus tard, les humanistes de la Renaissance retrouveront et réinterpréteront le monde classique.
Les studia humanitatis placeront au cœur de la formation :
- grammaire ;
- rhétorique ;
- poésie ;
- histoire ;
- philosophie morale.
La Renaissance ne « copie » donc pas Rome.
Elle réactive et transforme un héritage antique.
Pour viser plus haut#
À utiliser en dissertation#
Les 3 choses à retenir#
3 choses à retenir
- 1Humanitas constitue l’un des grands ancêtres de notre concept d’humanité.
- 2Le terme entretient un lien profond avec l’éducation et la culture.
- 3Mais l’idéal de humanitas ne signifie pas encore égalité politique et juridique de tous les humains.
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Sources
- Aulu-Gelle - Nuits attiques, humanitas et paideia
- Stanford Encyclopedia of Philosophy - entrées Cicero et Cosmopolitanism

