Une intelligence artificielle peut-elle être une personne ?
Dissertation intégralement traitée : performance linguistique, conscience et personnalité - pourquoi la performance ne prouve rien du statut moral.
Le sujet#
Dissertation intégralement traitée - Fondamental / concours
Une intelligence artificielle peut-elle être une personne ?
Difficulté
UNE TROISIÈME PARTIE RÉUSSIE NE RÉCONCILIE PAS ARTIFICIELLEMENT LES DEUX PREMIÈRES. ELLE DÉCOUVRE LE CRITÈRE QUI LEUR MANQUAIT.
Les trois modes de travail#
« UNE INTELLIGENCE ARTIFICIELLE »
Il peut s’agir :
d'un logiciel spécialisé ; d'un modèle conversationnel ; d'un robot ; d'un système autonome ; d'une intelligence générale hypothétique ; d'un être artificiel conscient, dans une expérience de pensée.
Le sujet doit préciser à quel niveau il raisonne.
« PEUT-ELLE »
possibilité logique ; possibilité technique future ; possibilité juridique ; possibilité morale ; possibilité épistémique de la reconnaître.
« ÊTRE UNE PERSONNE »
La personne peut désigner :
une personne juridique ; un sujet conscient ; un être doté d'intérêts ; un agent autonome ; un être responsable ; une fin en soi ; un interlocuteur capable de reconnaissance.
Intelligence / conscience
deux propriétés distinctes.
Conscience / sentience
être conscient et pouvoir éprouver.
Autonomie technique / autonomie morale
fonctionner seul n’est pas se donner des fins.
Comportement / expérience subjective
produire une réponse n’est pas éprouver quelque chose.
Personne juridique / personne morale
un statut peut être attribué sans conscience.
Agent moral / patient moral
être responsable / être susceptible d’un dommage.
Langage / compréhension
produire une phrase n’est pas la comprendre.
Mémoire stockée / identité personnelle
conserver des données n’est pas persister comme sujet.
Responsabilité causale / responsabilité morale
causer un effet n’est pas en répondre moralement.
Imitation / subjectivité
reproduire un comportement n’est pas l’éprouver.
Première réponse
Non.
Une IA est : fabriquée ; programmée ; dépendante d'une infrastructure ; conçue pour une fonction ; dépourvue, à ce jour, de conscience établie ; non responsable au sens moral ordinaire.
Difficulté
L’origine artificielle ne suffit pas logiquement à exclure toute personne.
Si un être artificiel possédait réellement :
conscience ; sentience ; mémoire continue ; projets propres ; autonomie ; capacité à répondre de ses actes ; relation réciproque -
pourquoi son mode de création suffirait-il à le réduire à une chose ?
Le paradoxe central
Un être fabriqué pourrait, en principe, remplir les critères mêmes qui définissent une personne, sans que son origine industrielle suffise à annuler ces propriétés.
Problématique
L'intelligence et la performance peuvent-elles suffire à constituer une personne, ou la personnalité exige-t-elle une conscience, des intérêts propres, une identité durable et une autonomie morale ? Comment reconnaître ces propriétés chez un être artificiel sans confondre anthropomorphisme, imitation et subjectivité réelle ?
- Intelligence / conscience
- Conscience / sentience
- Autonomie technique / autonomie morale
- Comportement / expérience subjective
- Personne juridique / personne morale
- Agent moral / patient moral
- Langage / compréhension
- Mémoire stockée / identité personnelle
- Responsabilité causale / responsabilité morale
- Imitation / subjectivité
IL’intelligence artificielle, entendue comme performance ou autonomie fonctionnelle, ne suffit pas à constituer une personne.
Pourquoi cette partie : il faut d'abord écarter les critères insuffisants - performance, langage, autonomie fonctionnelle - avant d'examiner ce qui manquerait réellement.IIPourtant, l’origine artificielle n’interdit pas en principe qu’un être futur remplisse certains critères de personnalité.
Pourquoi cette partie : la première partie porte sur l'insuffisance des critères actuels, non sur une impossibilité de principe : l'argument tiré de l'origine biologique doit être examiné pour lui-même.IIIIl faut distinguer plusieurs niveaux de statut moral et construire une procédure prudente fondée sur des critères convergents, sans attribuer prématurément la personnalité aux systèmes actuels.
Pourquoi cette partie : la question binaire « personne ou non » est elle-même le premier présupposé à abandonner : c'est le critère manquant aux deux premières parties, non leur compromis.
Ce plan n’est pas le seul possible : il est une manière cohérente de faire progresser la question.
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