La Liste de Schindler : comment un homme ordinaire agit-il contre l’ordre qui l’avantage ?
Steven Spielberg, 1993. Un film, pas un document historique : compromission, visibilité des personnes, banalité du mal et responsabilité positive.
Fiche du film#

Le film
- Réalisateur
- Steven Spielberg
- Année
- 1993
- Avec
- Liam Neeson, Ben Kingsley, Ralph Fiennes
- Adapté de
- Schindler’s Ark (Schindler’s List), roman de Thomas Keneally
- Concepts
- responsabilité, conversion morale, singularité, bureaucratie, compromission, secours, mémoire
- Importance concours
- 5/5
Film et histoire ne sont pas identiques
La Liste de Schindler est une œuvre cinématographique inspirée de faits historiques. Elle ne remplace jamais les travaux historiques, les témoignages ni les archives.
Le United States Holocaust Memorial Museum rappelle qu'Oskar Schindler fut d'abord un opportuniste, un espion allemand et un membre du parti nazi venu à Cracovie pour s'enrichir, avant de connaître une transformation progressive et d'utiliser sa richesse et ses relations pour sauver plus d'un millier de Juifs.
Il faut toujours distinguer l'Oskar Schindler historique, le personnage construit par le film, l'histoire de la Shoah et le récit cinématographique de sauvetage.
Règle absolue
Ne racontez pas le film
Référence faible
Bonne référence
Scène → problème → concept → argument
Titre → résumé → titre suivant
Comprendre avant de regarder#
Ce film n’est pas d’abord l’histoire d’un héros.
C’est l’histoire d’un homme ordinaire, ambitieux et opportuniste, qui a d’abord profité d’un système avant de le retourner contre lui-même.
Voilà pourquoi la question à se poser n’est pas : « Pourquoi les héros sont-ils héroïques ? »
Mais : comment un homme qui profitait d'un système peut-il finir par utiliser les mêmes ressources pour sauver ceux que ce système détruit ?
Trois avertissements avant toute lecture. Premièrement, Schindler n'a pas toujours été héroïque : il fut d'abord un opportuniste et un membre du parti nazi. Deuxièmement, la fillette au manteau rouge est un procédé de mise en scène, non un document historique à lire littéralement. Troisièmement, la « liste » n'est pas l'œuvre d'un seul homme écrivant seul : elle fut préparée notamment par le prisonnier secrétaire Marcel Goldberg et désigne, de manière simplifiée, une opération de sauvetage bien plus collective que le titre ne le suggère.
Analyse philosophique#
La conversion morale n’est pas instantanée
Schindler ne devient pas moral en un instant clairement identifiable. Le film construit une évolution.
Il commence par utiliser les autres, rechercher le prestige, s’enrichir. Puis il voit les violences, les personnes, les conséquences concrètes.
La moralité commence-t-elle lorsque la victime cesse d'être une catégorie et devient une personne singulière ?
Des motifs impurs
Schindler n’agit jamais comme une figure entièrement pure. Son action mobilise orgueil, goût du pouvoir, charme, argent, attachement, compassion, volonté de sauver.
Le film permet d’éviter une conception trop simple selon laquelle une bonne action devrait toujours provenir d’un motif parfaitement désintéressé. Peut-on faire le bien avec des dispositions moralement mélangées ?
Le nom et la liste
Dans le système nazi, les individus deviennent numéros, catégories, unités de travail, populations à déplacer. La liste retourne l’outil administratif : chaque nom peut signifier une vie protégée.
La bureaucratie n’est donc pas mauvaise par nature. Elle peut être instrument d’extermination ou instrument de secours. La question devient : quelle fin l’institution sert-elle, et qui demeure responsable de son usage ?
La responsabilité positive
Ne pas tuer est un devoir négatif. Mais Schindler va plus loin : il utilise activement ses ressources pour sauver.
Le film pose ainsi la question de la responsabilité positive : lorsque nous pouvons empêcher la mort d’un autre à un coût supportable, avons-nous seulement le droit d’aider ou le devoir de le faire ? À confronter avec Kant, Levinas, Singer et Jonas.
Le regret final : une construction dramatique
La scène finale transforme chaque objet restant, voiture, bijou, argent, en vie potentiellement non sauvée. Le calcul devient moralement vertigineux.
Mais cette scène constitue une construction dramatique du film, et non une transcription documentaire certaine des dernières paroles historiques de Schindler.
Sociologie et politique#
La persécution comme système
Le film montre que la violence nazie ne repose pas seulement sur quelques individus sadiques. Elle mobilise lois, police, entreprises, formulaires, transports, camps, confiscations, classifications raciales, travail forcé, logements, administrations.
L’inhumain apparaît alors comme une organisation, non comme une simple accumulation de cruautés individuelles.
Faut-il adhérer pour profiter du système ?
Schindler commence par voir dans la persécution une opportunité économique : capitaux juifs, main-d’œuvre contrainte, relations avec les autorités, guerre, expropriation.
Faut-il adhérer idéologiquement à une domination pour en devenir l'un des bénéficiaires ?
Non. Le système peut fonctionner grâce aux fanatiques, aux opportunistes, aux carriéristes, aux indifférents. Voilà une immense leçon, à connecter à Arendt (responsabilité dans un système), La Boétie (relais de la domination) et Marx (structures et intérêts).
Le rôle d’Itzhak Stern
Ne jamais raconter l’histoire comme si Schindler agissait seul. Stern représente le savoir administratif, la médiation, la connaissance de la communauté, le travail de sélection et de protection : une forme d’agence juive à l’intérieur d’un espace terriblement contraint.
Une lecture exclusivement centrée sur Schindler risque de transformer les personnes sauvées en silhouettes passives. Il faut donc aussi montrer les formes de résistance, de solidarité et d’organisation des victimes elles-mêmes.
Amon Göth et le pouvoir arbitraire
Göth tue depuis sa villa, sans justification, sans procédure, selon son humeur. Il incarne une souveraineté où l’autre n’a plus aucun droit à une explication : « ici, il n’y a pas de pourquoi ».
Mais Göth n’épuise pas le problème du système nazi. Comprendre Göth n’est pas l’excuser : la focalisation sur un sadique exceptionnel ne doit jamais masquer la participation d’agents beaucoup plus ordinaires, ni permettre de se dire confortablement « ce n’est pas nous ». Le problème historique demeure que des hommes ont organisé, exécuté et normalisé ces actes.
Littéraire et mythologique#
Un récit de conversion
Le film reprend la structure d’un homme imparfait rencontrant le mal, se transformant, puis accomplissant une action de salut. Cette structure ressemble à un récit de conversion, un roman d’apprentissage, voire une hagiographie.
Mais Spielberg complique partiellement le modèle en maintenant les défauts, le plaisir social et les contradictions de Schindler jusqu’au bout.
L'arche
Le titre original du roman de Keneally, Schindler’s Ark, évoque l’arche de Noé : une structure limitée protège quelques vies au milieu d’une destruction massive.
Mais l’arche pose aussi une question dérangeante : qui peut entrer ? La protection de certains ne doit jamais faire oublier l’immensité de ceux qui n’ont pas été sauvés.
Le livre des noms
La liste peut évoquer registre, mémoire, archive, livre des vies. Le nom résiste à la masse, à connecter avec Primo Levi, Arendt et Orwell.
Mais il ne faut pas transformer le procédé en consolation facile : le fait que certains noms soient sauvés rend aussi plus visible le gouffre de ceux qui ne le furent pas. La Shoah ne se résume pas à l’histoire d’un « bon Allemand ».
Analyse cinématographique#
Le noir et blanc
Le noir et blanc produit rapprochement avec les archives, distance temporelle, gravité, impression documentaire. Mais il ne transforme pas le film en archive : il reste une reconstitution mise en scène.
Le manteau rouge
La couleur isole une enfant dans la masse et produit singularisation, choc visuel, trajectoire perceptible. Il s’agit d’un dispositif cinématographique, pas d’un document historique à lire littéralement.
Une lecture critique doit se demander si ce procédé rend visible une victime ou produit une image symbolique suffisamment forte pour risquer d’esthétiser la souffrance. L’analyse doit tenir ensemble puissance et risque.
Le point de vue en hauteur
Schindler observe la liquidation du ghetto depuis une position surélevée : physiquement éloigné, socialement protégé, d’abord simple spectateur. Le mouvement moral du personnage commence par une crise du regard. Mais voir ne suffit pas : il faut encore décider d’agir.
La caméra mobile et la reconstitution
Dans les scènes de violence, la caméra devient mobile, instable, proche, ce qui donne un sentiment d’urgence et de désordre. Mais cela pose aussi la question de la reconstitution spectaculaire : jusqu’où peut-on donner au spectateur l’impression d'« être là » sans produire une illusion d’accès immédiat à l’événement historique ?
La musique
La musique de John Williams et le violon d’Itzhak Perlman créent douleur, mémoire, lamentation. Le BFI a souligné la capacité du thème musical à porter dignité, perte et espoir avec une grande économie mélodique. Mais une analyse critique doit demander si la musique guide nécessairement l’émotion du spectateur, au risque de fermer l’interprétation.
Une limite à connaître : la représentation du suspense
Certaines scènes, notamment celle des douches, utilisent des codes proches du suspense. Cette question mérite d'être confrontée à Shoah, de Claude Lanzmann, qui adopte une méthode radicalement différente, fondée sur les lieux, les témoignages et le refus de toute reconstitution fictionnelle. Le film ne remplace ni Primo Levi ni le travail des historiens.
Les 10 concepts
- 01
Responsabilité
Agir ou ne pas agir face à ce que l’on peut empêcher.
- 02
Compromission
Profiter d’un système sans nécessairement y adhérer idéologiquement.
- 03
Conversion morale
Une transformation progressive, jamais instantanée ni pure.
- 04
Singularité
Ce qui rend une personne irréductible à une catégorie ou à un nombre.
- 05
Bureaucratie
Un instrument neutre pouvant servir l’extermination ou le secours.
- 06
Déshumanisation
Le processus qui réduit des personnes à des unités administratives.
- 07
Courage
Agir contre l’ordre qui nous avantage, au risque de tout perdre.
- 08
Choix
La possibilité, jamais garantie, de faire autrement que le système ne l’exige.
- 09
Obéissance
Le ressort ordinaire par lequel l’inhumain se perpétue.
- 10
Sauvetage
Un acte collectif, jamais l’œuvre d’un homme seul.
| Auteur ou œuvre | Ce que la connexion permet de penser |
|---|---|
| Kant | Traiter autrui comme une fin et non seulement comme un moyen. |
| Arendt | Responsabilité dans un système et banalité du mal, sans réduire Göth à une illustration automatique d’Eichmann. |
| Primo Levi | L’inhumain est produit au sein même du monde humain. |
| Levinas | La singularité d’autrui excède toujours le calcul qui prétend la clôturer. |
| Dostoïevski | L’écart entre l’humanité abstraite et l’homme concret. |
| La Boétie | Les relais ordinaires de la domination volontaire. |
| Freud | L’agressivité comme donnée à contenir, non comme exception monstrueuse. |
| Camus | La révolte face à l’absurdité d’un système qui broie les personnes. |
| Anders | Les limites de l’imagination morale face à la masse. |
| DUDH | La dignité reconnue à chaque personne, indépendamment de toute catégorie. |
5 scènes à maîtriser#
Scène 1
Schindler entre dans le système
La compromission commence-t-elle toujours par la haine ?
Ce que je vois
Au début, Schindler veut réussir. Il cultive relations, officiers, influence, prestige.
La persécution antisémite constitue pour lui d’abord une configuration économique dont il cherche à profiter.
Le problème philosophique
Faut-il haïr personnellement les victimes pour bénéficier d'un système qui les opprime ? Non : l'inhumain peut fonctionner avec fanatiques, opportunistes, carriéristes, indifférents et exécutants.
Lecture sociologique et politique
Historiquement, l’USHMM décrit Schindler comme un homme initialement motivé par l’enrichissement, dont la transformation morale fut progressive.
Auteurs à convoquer
- ArendtResponsabilité dans un système.
- La BoétieRelais de la domination.
- MarxStructures et intérêts.
- KantAutrui traité comme moyen.
Sujets dans lesquels l’utiliser
- ›Peut-on profiter d’un système injuste sans y adhérer ?
- ›L’indifférence est-elle complice ?
Scène 2
Liquidation du ghetto et fillette au manteau rouge
À quel moment une masse redevient-elle une personne ?
Ce que je vois
Le film est presque entièrement en noir et blanc. Puis apparaît une enfant dont le manteau est coloré.
Il s’agit d’un dispositif cinématographique, pas d’un document historique à lire littéralement.
Ce que montre la mise en scène
La persécution peut apparaître immense : des milliers de personnes, une foule, des chiffres. Puis le regard est accroché par une seule personne, un enfant, un manteau, une trajectoire.
Le problème philosophique
Pourquoi une personne singulière peut-elle rendre visible ce qu’un nombre immense rendait abstrait ?
Écho littéraire ou mythologique
Dostoïevski : l’écart entre l’humanité abstraite et l’homme concret.
Auteurs à convoquer
- AndersLimites de l’imagination morale.
- LevinasSingularité d’autrui.
- DostoïevskiL’humanité abstraite face à l’homme concret.
Sujets dans lesquels l’utiliser
- ›Peut-on penser moralement le nombre ?
- ›L’empathie a-t-elle besoin d’un visage ?
Modèle de paragraphe
Attention : cette scène doit être analysée comme un procédé de mise en scène destiné à rendre sensible une singularité, non comme un document historique établissant le sort effectif d'une enfant réelle.
Scène 3
Amon Göth
Le bourreau doit-il ressembler à un monstre ?
Ce que je vois
Göth représente une violence extrême. Mais Spielberg le montre aussi dans une existence quotidienne.
Historiquement, Amon Göth était commandant de Plaszow et connu pour ses violences arbitraires, notamment des tirs contre des prisonniers depuis sa villa.
Le problème philosophique
Si nous représentons le bourreau comme une créature extérieure à l'humanité, nous nous protégeons intellectuellement en disant « ce n'est pas nous ». Mais le problème historique demeure : des hommes ont organisé, exécuté et normalisé ces actes. Comprendre Göth n'est pas l'excuser.
Lecture sociologique et politique
La focalisation sur un sadique exceptionnel ne doit pas masquer la participation d’agents beaucoup plus ordinaires.
Auteurs à convoquer
- ArendtResponsabilité et banalité du mal, sans transformer Göth en illustration automatique d’Eichmann.
- FreudAgressivité.
- Primo LeviL’inhumain est produit au sein du monde humain.
Sujets dans lesquels l’utiliser
- ›Le mal est-il toujours monstrueux ?
- ›Comprendre est-il excuser ?
Scène 4
La liste
Quand un nom cesse-t-il d’être une unité administrative ?
Ce que je vois
Dans le film, les noms écrits déterminent des vies sauvées. La bureaucratie, instrument possible de persécution, est retournée, nom après nom.
Le problème philosophique
Une administration peut transformer un individu en numéro. Mais un nom peut aussi redevenir protection de la singularité.
Lecture sociologique et politique
Correction historique indispensable : il n'exista pas une seule liste définitive écrite par Schindler seul. L'USHMM explique qu'il y eut des listes séparées et modifiées, préparées notamment par le prisonnier secrétaire Marcel Goldberg. « La liste de Schindler » est un raccourci désignant plus largement l'opération de sauvetage, une œuvre collective et non celle d'un homme écrivant seul.
Écho littéraire ou mythologique
Primo Levi, Arendt, Orwell : le nom comme dernier rempart contre la réduction au numéro.
Auteurs à convoquer
- Primo LeviLe nom contre la réduction au numéro.
- ArendtL’administration comme forme de pouvoir.
- OrwellLe langage administratif au service du contrôle.
Sujets dans lesquels l’utiliser
- ›La bureaucratie est-elle nécessairement déshumanisante ?
- ›Un nom suffit-il à protéger une personne ?
Scène 5
Schindler à la fin
Existe-t-il un point où l’on a « assez fait » ?
Ce que je vois
Le film montre Schindler prenant conscience de ce qu’il aurait peut-être encore pu vendre ou sacrifier pour sauver d’autres personnes.
Ce que montre la mise en scène
Ne pas utiliser cette scène comme vérité documentaire exacte sur les dernières paroles historiques de Schindler : il faut l’utiliser comme construction morale du film.
Le problème philosophique
Lorsque chaque unité de richesse peut devenir une vie supplémentaire, comment arrêter le calcul ? C'est une expérience presque insoutenable sur la responsabilité positive.
Auteurs à convoquer
- KantDevoir envers les personnes.
- SingerJusqu’où vont les obligations lorsque nous pouvons empêcher une souffrance ?
- LevinasAutrui demande toujours davantage que ce que le calcul clôt facilement.
Sujets dans lesquels l’utiliser
- ›Y a-t-il une limite au devoir d’assistance ?
- ›Peut-on avoir fait « assez » pour autrui ?
Utiliser le film au concours#
Les contresens à éviter
❌ Schindler a toujours été héroïque.
Non : il fut d’abord un opportuniste, un espion allemand et un membre du parti nazi venu à Cracovie pour s’enrichir.
❌ La fillette au manteau rouge est un document historique.
Non : il s’agit d’un procédé de mise en scène destiné à singulariser une victime dans la masse, pas d’un document à lire littéralement.
❌ Schindler a personnellement écrit une liste unique.
Non : plusieurs listes existèrent, notamment préparées par le prisonnier secrétaire Marcel Goldberg. « La liste de Schindler » désigne une opération collective, pas l’œuvre d’un seul homme.
❌ Comprendre Göth revient à l’excuser.
Non : comprendre les ressorts d’un pouvoir arbitraire n’est jamais une justification, c’est une condition pour penser le problème historique.
❌ La Shoah peut être résumée à l’histoire d’un « bon Allemand ».
Absolument pas : centrer le récit sur la transformation morale d’un non-Juif risque d’effacer l’expérience des victimes elles-mêmes et le travail de solidarité qu’elles ont mené.
❌ Le film remplace Primo Levi ou le travail des historiens.
Non : le film dramatise une histoire, il ne doit jamais devenir sa source unique ni se substituer aux archives, aux témoignages ou aux travaux historiques.
15 sujets où ce film fait la différence
- 1Peut-on faire le bien avec des motifs impurs ?
- 2La moralité suppose-t-elle une conversion instantanée ?
- 3Faut-il adhérer à un système pour en être complice ?
- 4L’indifférence est-elle une forme de participation au mal ?
- 5Le nombre rend-il la souffrance abstraite ?
- 6Une personne singulière peut-elle rendre visible une masse ?
- 7Comprendre le bourreau, est-ce l’excuser ?
- 8Le mal est-il nécessairement monstrueux ?
- 9La bureaucratie est-elle un instrument neutre ?
- 10Un nom suffit-il à restaurer la dignité d’une personne ?
- 11Existe-t-il une limite au devoir d’assistance ?
- 12La responsabilité se limite-t-elle à ne pas nuire ?
- 13Peut-on avoir « assez fait » pour autrui ?
- 14Le sauvetage est-il jamais l’œuvre d’un seul homme ?
- 15Le cinéma peut-il représenter la Shoah sans la trahir ?
Formulations prêtes pour la copie
- 1La Liste de Schindler ne commence pas par un saint mais par un opportuniste : c’est cette origine impure qui rend sa conversion morale philosophiquement intéressante.
- 2La bureaucratie n’est pas mauvaise par nature : le même outil administratif qui déshumanise en catégories peut, retourné, protéger nom après nom.
- 3Comprendre le pouvoir arbitraire de Göth n’est pas l’excuser : c’est refuser la facilité qui consiste à dire que le mal n’est jamais nous.
Je n’ai que 30 minutes
Concentrez-vous sur trois scènes : Schindler entrant dans le système (scène 1), la fillette au manteau rouge (scène 2), et Schindler à la fin (scène 5).
Elles suffisent à construire l’argument central : la conversion morale d’un homme compromis, jamais pur, jamais achevée.
J’ai 2 heures d’étude
Ajoutez les scènes 3 (Göth) et 4 (la liste), puis lisez la fiche « Film et histoire ne sont pas identiques » avant de conclure.
Confrontez ensuite le film à Shoah de Claude Lanzmann pour mesurer deux manières radicalement différentes de traiter cinématographiquement l’extermination.
Fiche mémoire
- Question centrale
- Comment un homme qui profitait d’un système peut-il finir par utiliser les mêmes ressources pour sauver ceux que ce système détruit ?
- Contresens n°1
- Schindler n’a pas toujours été héroïque.
- Contresens n°2
- La fillette au manteau rouge n’est pas un document historique.
- Contresens n°3
- La liste n’est pas l’œuvre d’un seul homme écrivant seul.
- Contresens n°4
- Comprendre Göth n’est pas l’excuser.
- Concept roi
- La responsabilité positive.
- Auteurs clés
- Kant, Arendt, Levinas, Primo Levi.
Quiz final
1. Comment Schindler est-il présenté au début du film ?
2. Que représente la fillette au manteau rouge ?
3. Qui prépara concrètement les listes de noms sauvés ?
Où en es-tu ?
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