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L’Anthropocène change-t-il notre conception de l’humanité ?

Dissertation intégralement traitée : responsabilité planétaire commune mais différenciée, sans faire de l’Anthropocène une époque géologique officielle.

Le sujet#

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Dissertation intégralement traitée - Fondamental / concours

L’Anthropocène change-t-il notre conception de l’humanité ?

Difficulté

L'UNIVERSEL NE COMMENCE PAS LORSQUE TOUT LE MONDE NOUS RESSEMBLE. IL COMMENCE LORSQUE LA DIFFÉRENCE CESSE DE JUSTIFIER UNE INÉGALITÉ DE DIGNITÉ.

Les trois modes de travail#

« L'ANTHROPOCÈNE »

Le mot peut désigner :

une proposition stratigraphique rejetée comme époque formelle ; un concept de sciences du système Terre ; un récit historique ; un diagnostic politique ; une catégorie culturelle ; une nouvelle représentation de la relation humain-nature.

« CHANGE-T-IL »

Le sujet demande :

une rupture ; un déplacement ; une redéfinition ; un changement de responsabilité ; une transformation de l'échelle à laquelle nous pensons L'humanité.

« NOTRE CONCEPTION »

Il faut distinguer :

conception scientifique ; conception morale ; conception politique ; conception juridique ; conception anthropologique.

« DE L’HUMANITÉ »

L’humanité peut être :

espèce biologique ; sujet historique ; force géophysique ; communauté morale ; acteur politique ; abstraction masquant les inégalités.

Première réponse spontanée

Oui.

Le concept transforme l’homme :

de spectateur de la nature en force géophysique ; d'être local en acteur planétaire ; de maître extérieur en vivant dépendant du système qu'il modifie ; de bénéficiaire du progrès en responsable de ses effets futurs.

Difficulté

Le mot anthropos semble attribuer la responsabilité à : L’humanité tout entière.

Or tous les humains :

n'ont pas contribué également ; ne consomment pas également ; ne possèdent pas le même pouvoir ; ne subissent pas les mêmes risques ; n'ont pas bénéficié également de l'industrialisation.

Le concept peut donc masquer : les structures historiques et sociales du dommage.

  • Humanité / groupes humains

    l’espèce n’est pas l’ensemble homogène de ses membres.

  • Responsabilité commune / responsabilité égale

    être concerné ensemble n’est pas avoir également causé.

  • Cause géophysique / agent politique

    produire un effet cumulatif n’est pas décider collectivement.

  • Espèce / civilisation industrielle

    l’appartenance biologique n’est pas le mode de production.

  • Vulnérabilité commune / exposition identique

    dépendre du même système n’est pas y être exposé de la même manière.

  • Nature extérieure / système habité

    l’homme n’observe plus un objet, il modifie ce qui le rend possible.

  • Puissance / maîtrise

    pouvoir transformer n’est pas pouvoir commander les conséquences.

  • Époque formelle / concept informel

    un statut stratigraphique rejeté n’annule pas l’usage scientifique et politique du terme.

  • Anthropocentrisme / responsabilité humaine

    assumer nos effets n’est pas replacer l’homme au centre de toute valeur.

  • Héritage commun / dette différenciée

    hériter ensemble d’un monde n’efface pas des contributions inégales.

Le paradoxe central

L'Anthropocène nomme une puissance qui n'appartient à personne en particulier et à laquelle personne ne peut se soustraire, alors même que cette puissance a été produite très inégalement.

Problématique

Le concept d'Anthropocène révèle-t-il L'humanité comme nouveau sujet planétaire responsable de la Terre, ou produit-il une abstraction qui attribue indistinctement à l'espèce des transformations causées de manière profondément inégale ? Comment penser une responsabilité commune sans effacer les différences de pouvoir, d'histoire et de vulnérabilité ?

  • Humanité / groupes humains
  • Responsabilité commune / responsabilité égale
  • Cause géophysique / agent politique
  • Espèce / civilisation industrielle
  • Vulnérabilité commune / exposition identique
  • Nature extérieure / système habité
  • Puissance / maîtrise
  • Époque formelle / concept informel
  • Anthropocentrisme / responsabilité humaine
  • Héritage commun / dette différenciée
  1. IL’Anthropocène transforme profondément la conception moderne de L’humanité en révélant sa puissance géophysique et sa dépendance planétaire.

    Pourquoi cette partie : il faut d'abord montrer en quoi le concept bouleverse réellement la séparation moderne entre l'homme et la nature avant d'en interroger la portée politique.
  2. IIPourtant, parler de L’humanité comme agent unique masque les inégalités historiques de contribution, de bénéfice et de vulnérabilité.

    Pourquoi cette partie : la première partie établit une puissance collective, non une responsabilité uniformément répartie : ce présupposé doit être examiné pour lui-même.
  3. IIILe concept peut renouveler l’humanisme s’il conduit à une responsabilité planétaire, différenciée et élargie aux générations futures et au vivant non humain.

    Pourquoi cette partie : il ne s'agit pas de choisir entre puissance commune et inégalités réelles, mais de construire le critère - la responsabilité différenciée - qui manquait aux deux premières parties.

Ce plan n’est pas le seul possible : il est une manière cohérente de faire progresser la question.

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