11 vidéos commentées

Les vidéos à voir sur l’humanité

Une vidéo, un problème. Pour chacune : le lien direct, ce qu’elle apporte réellement au thème, les notions et auteurs mobilisables, et ce qu’il faut en retenir pour le concours.

01Diversité et universelAutour de Race et histoire, Claude Lévi-Strauss

Peut-on appartenir à une même humanité tout en ayant des cultures profondément différentes ?

Peut-on affirmer que tous les êtres humains appartiennent à une même humanité tout en reconnaissant que leurs cultures sont profondément différentes ? Cette question traverse toute l’œuvre de Claude Lévi-Strauss et constitue l’un des grands problèmes philosophiques du thème « L’Humanité » au programme de culture générale des classes préparatoires ECG.

Dans Race et histoire, publié en 1952 dans le cadre des travaux de l’UNESCO contre le racisme, Lévi-Strauss combat une idée longtemps dominante en Occident : certaines civilisations seraient plus « avancées » que d’autres et représenteraient donc un stade supérieur de l’histoire humaine.

Il montre au contraire que cette manière de penser repose souvent sur l’ethnocentrisme, c’est-à-dire notre tendance à considérer notre propre culture comme la norme à partir de laquelle les autres doivent être jugées.

L’enjeu dépasse largement la question du racisme. Lévi-Strauss nous oblige à réfléchir à ce que signifie appartenir à l’humanité. L’unité de l’espèce humaine suppose-t-elle l’uniformité des cultures ? Pour l’anthropologue, la diversité culturelle, les échanges et les collaborations entre sociétés constituent au contraire une richesse essentielle de l’histoire humaine.

Cette réflexion permet de travailler plusieurs notions fondamentales pour une dissertation : humanité, culture, civilisation, universalisme, ethnocentrisme, diversité et progrès.

  • Humanité
  • Culture
  • Civilisation
  • Universalisme
  • Ethnocentrisme
  • Diversité
  • Progrès
  • Lévi-Strauss

À retenir pour le concours

Reconnaître une humanité commune ne signifie pas effacer les différences entre les hommes. L’universel peut se construire à partir de la diversité.

02Nature humaine et libertéAutour de L’existentialisme est un humanisme, Jean-Paul Sartre

L’être humain possède-t-il une nature qui le définit une fois pour toutes ?

C’est l’une des questions essentielles posées par Jean-Paul Sartre dans L’existentialisme est un humanisme. Le texte est issu d’une conférence prononcée en 1945 pour expliquer et défendre l’existentialisme.

La réponse de Sartre est radicale : « l’existence précède l’essence ». Un objet est fabriqué selon une fonction préalablement définie. L’être humain, lui, existe avant d’être quoi que ce soit. Il ne reçoit donc pas une identité définitivement déterminée : il devient ce qu’il choisit de faire.

Cette conception bouleverse la définition traditionnelle de l’humanité. Ce qui caractérise l’homme n’est plus une essence immuable mais sa liberté, sa capacité à choisir et la responsabilité qui accompagne cette liberté.

Pour le thème « L’Humanité », Sartre permet d’interroger une question fondamentale : sommes-nous humains parce que nous possédons certaines caractéristiques ou parce que nous sommes capables de nous construire nous-mêmes ?

  • Nature humaine
  • Liberté
  • Responsabilité
  • Identité
  • Existence
  • Humanisme
  • Sartre

À retenir pour le concours

Chez Sartre, l’homme n’est pas défini à l’avance. Il est un être qui se construit par ses choix et doit assumer la responsabilité de ce qu’il devient.

03Humanité et animalitéPremière approche : où passe la frontière ?

Qu’est-ce qui distingue vraiment l’homme de l’animal ?

La frontière entre l’homme et l’animal paraît d’abord évidente. Pourtant, dès que l’on cherche précisément ce qui distinguerait absolument l’être humain des autres espèces, cette frontière devient beaucoup plus difficile à tracer.

Est-ce le langage ? Certains animaux possèdent des systèmes complexes de communication. La technique ? De nombreuses espèces utilisent des outils. La culture ? Certains comportements sont transmis socialement chez les primates. La conscience ? Les découvertes contemporaines en éthologie rendent de plus en plus difficile l’idée que l’homme en aurait le monopole absolu.

La question devient alors passionnante : qu’est-ce qui fait de l’être humain un être humain ?

L’histoire de l’évolution complique encore le problème. Homo sapiens n’est pas apparu soudainement, séparé du reste du vivant par une frontière parfaitement nette. Notre espèce appartient elle-même à une longue histoire biologique.

Cette question constitue l’une des meilleures portes d’entrée dans le thème « L’Humanité », car elle permet de confronter Darwin, Rousseau, Bergson, Lévi-Strauss et les découvertes contemporaines de l’éthologie. Elle permet surtout de distinguer deux notions que l’on confond facilement : l’homme comme espèce biologique et l’humanité comme notion morale, culturelle et philosophique.

  • Animalité
  • Langage
  • Technique
  • Culture
  • Conscience
  • Éthologie
  • Darwin
  • Bergson

À retenir pour le concours

Demander ce qui distingue l’homme de l’animal revient finalement à rechercher les critères permettant de définir l’humanité elle-même.

04Humanité et animalitéSeconde approche : sciences du vivant, philosophie et anthropologie

Sommes-nous naturellement humains ou le devenons-nous ?

Cette seconde approche de la relation entre l’homme et l’animal permet d’approfondir le problème en faisant dialoguer sciences du vivant, philosophie et anthropologie.

Biologiquement, Homo sapiens appartient pleinement au règne animal. Mais cette continuité biologique suffit-elle à épuiser la définition de l’homme ?

L’être humain possède une capacité singulière à transformer son environnement, produire des symboles, construire des institutions, transmettre des récits et s’interroger sur sa propre existence. L’homme est ainsi non seulement un vivant, mais un vivant capable de se demander ce qu’est la vie et quelle place il occupe parmi les autres vivants.

Cette interrogation conduit directement à l’une des grandes oppositions classiques de la philosophie : nature et culture. Sommes-nous naturellement humains ou le devenons-nous par l’éducation, le langage, la société et la culture ?

Cette vidéo peut nourrir des dissertations portant sur l’animalité, la conscience, la culture, la dignité humaine ou la spécificité de l’homme.

  • Nature et culture
  • Animalité
  • Conscience
  • Symbole
  • Dignité
  • Éducation

À retenir pour le concours

Notre appartenance biologique au monde animal n’empêche pas de rechercher ce qui constitue la singularité culturelle, symbolique ou morale de l’humanité.

05Diversité et universelLecture intégrale de Race et histoire

Pourquoi qualifier une société de « primitive » en dit-il plus long sur nous ?

Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, cette lecture intégrale de Race et histoire permet d’accéder directement à l’un des grands textes anthropologiques du XXe siècle. L’œuvre aborde notamment race et culture, diversité culturelle, ethnocentrisme, idée de progrès, civilisation occidentale et collaboration entre les cultures.

L’un des aspects les plus intéressants concerne notre manière de qualifier certaines sociétés de « primitives ». Le terme révèle souvent davantage notre propre conception de l’histoire qu’il ne décrit objectivement ces sociétés.

Nous imaginons volontiers l’histoire de l’humanité comme une immense course dans laquelle certaines civilisations seraient en avance et d’autres en retard. Lévi-Strauss conteste cette représentation.

Une civilisation peut développer extraordinairement certains savoirs et beaucoup moins certains autres. Plus profondément encore, les grandes transformations historiques résultent souvent de rencontres, d’emprunts et de collaborations entre plusieurs cultures, plutôt que du développement isolé d’une civilisation supposément supérieure.

Cette réflexion permet de poser une question centrale pour le thème « L’Humanité » : comment penser simultanément l’unité de l’humanité et l’extraordinaire diversité des manières d’être humain ?

  • Universalisme
  • Diversité culturelle
  • Progrès
  • Civilisation
  • Altérité
  • Ethnocentrisme

À retenir pour le concours

Race et histoire est une référence majeure pour traiter l’universalisme, la diversité culturelle, le progrès, la civilisation, l’altérité et l’ethnocentrisme.

06Technique, IA, transhumanismeLe transhumanisme en question

L’humanité pourrait-elle transformer volontairement sa propre nature ?

Pendant des millénaires, l’homme a utilisé la technique pour modifier son environnement. Avec les biotechnologies, l’intelligence artificielle, la génétique ou les technologies d’augmentation, une nouvelle possibilité apparaît : utiliser la technique pour modifier l’être humain lui-même.

C’est l’un des enjeux du transhumanisme : utiliser les sciences et les technologies pour dépasser certaines limites biologiques de l’être humain.

Mais une difficulté vertigineuse apparaît immédiatement : si nous supprimons progressivement les limites constitutives de la condition humaine, améliorons-nous l’humanité ou sommes-nous en train de la dépasser ?

La question touche au vieillissement, à la maladie, à l’intelligence, aux capacités physiques, à la génétique et potentiellement à la durée de la vie. Elle rencontre aujourd’hui les débats sur l’IA, l’édition génétique, les interfaces cerveau-machine et l’homme augmenté.

Pour une dissertation de culture générale en prépa ECG, le transhumanisme constitue un exemple contemporain particulièrement puissant. Il permet de confronter l’idéal humaniste d’émancipation de l’homme à une hypothèse paradoxale : à force de vouloir libérer l’homme de toutes ses limites, pourrions-nous finir par supprimer ce qui faisait précisément de lui un homme ?

  • Humanité
  • Progrès
  • Technique
  • Nature humaine
  • Limites
  • Liberté
  • Posthumanité

À retenir pour le concours

Le transhumanisme permet d’articuler humanité, progrès, technique, nature humaine, limites, liberté et posthumanité.

07Nature humaine et libertéLe Précepteur, 2020 - Rousseau, l’état de nature et la critique du progrès

L’homme est-il naturellement mauvais ou est-ce la société qui le transforme ?

Cette question traverse toute la philosophie politique et prend une importance particulière chez Jean-Jacques Rousseau. Contrairement à une formule souvent répétée, Rousseau n’affirme pas simplement que « l’homme est bon ». Il cherche à comprendre ce que pourrait être l’être humain avant les transformations produites par la société, la propriété, la comparaison sociale et les inégalités.

Dans l’état de nature imaginé par Rousseau, l’homme n’est ni un citoyen vertueux ni un monstre. Il est essentiellement guidé par deux principes : l’amour de soi, qui le pousse à assurer sa conservation, et la pitié, qui lui fait éprouver une répugnance naturelle devant la souffrance d’un autre être sensible.

La société modifie profondément cet équilibre. Lorsque les hommes commencent à se comparer, apparaît ce que Rousseau appelle l’amour-propre : nous ne voulons plus seulement vivre, mais être reconnus, admirés et préférés aux autres.

Rousseau permet également de remettre en cause l’idée selon laquelle progrès scientifique, progrès économique et progrès de l’humanité iraient nécessairement dans le même sens. Une société techniquement très avancée peut-elle produire des hommes moralement dégradés ?

La réflexion devient directement exploitable pour le thème « L’Humanité » : ce qu’il y a d’humain en nous vient-il de la nature ou de la société ?

  • Nature humaine
  • Civilisation
  • Perfectibilité
  • Inégalités
  • Progrès
  • Violence
  • Amour-propre

À retenir pour le concours

Rousseau est incontournable pour traiter nature humaine, civilisation, perfectibilité, inégalités, progrès, violence et corruption sociale.

08Inconscient et civilisationFreud, la psychanalyse et la blessure narcissique de l’humanité

Qu’est-ce qu’un être humain si sa conscience ne gouverne pas entièrement ses actes ?

Avec Freud, une nouvelle fissure apparaît dans l’image glorieuse que l’humanité s’était construite d’elle-même. L’homme occidental moderne aimait se définir comme un être rationnel, conscient et maître de ses décisions. La psychanalyse vient troubler cette certitude.

Pour Freud, une partie essentielle de notre vie psychique nous échappe. Désirs refoulés, pulsions, conflits psychiques et souvenirs peuvent influencer nos comportements sans que nous en ayons clairement conscience.

L’humanité n’est donc plus seulement confrontée à ce qui lui est extérieur. L’étrangeté est aussi à l’intérieur de l’homme.

C’est précisément ce que Freud approfondira dans Malaise dans la civilisation : vivre avec les autres suppose des interdits, des renoncements et une maîtrise des pulsions qui rendent possible la société tout en produisant frustrations et conflits.

Cette idée est fondamentale pour comprendre le thème « L’Humanité ». Elle permet de remettre en question la définition classique de l’homme comme animal rationnel, et d’ouvrir une question plus sombre : la civilisation humanise-t-elle l’homme ou ne fait-elle que contenir sa violence ?

  • Inconscient
  • Pulsion
  • Raison
  • Civilisation
  • Violence
  • Freud
  • Malaise dans la civilisation

À retenir pour le concours

Freud permet de montrer que l’humanité ne se réduit pas à la raison et à la conscience. L’homme est aussi traversé par l’inconscient, le désir, l’agressivité et les pulsions.

09Technique, IA, transhumanismeParole de philosophe - Günther Anders

L’humanité est-elle encore à la hauteur du monde technique qu’elle a produit ?

Cette vidéo est particulièrement pertinente parce qu’elle explique trois idées centrales de Günther Anders : la « honte prométhéenne », la société médiatique et surtout la bombe atomique.

Anders part d’un paradoxe fascinant : l’homme est devenu capable de fabriquer des objets et des systèmes dont la puissance excède ses propres capacités d’imagination et de responsabilité.

La bombe atomique constitue l’exemple ultime. L’être humain dispose désormais du pouvoir technique de faire disparaître l’humanité, mais notre faculté morale d’imaginer les conséquences de cette puissance n’a pas progressé au même rythme.

C’est une référence extrêmement forte pour une dissertation, car elle permet de dépasser le banal « la technologie est-elle dangereuse ? ». La véritable question devient : l’humanité est-elle encore à la hauteur du monde technique qu’elle a elle-même produit ?

  • Technique
  • Progrès
  • Responsabilité
  • Nucléaire
  • Intelligence artificielle
  • Autodestruction

À retenir pour le concours

Anders permet de penser technique, progrès, responsabilité, nucléaire, IA et autodestruction de l’humanité.

10Technique, IA, transhumanismeStanislas Dehaene, Collège de France, octobre 2025

Qu’est-ce que l’intelligence humaine possède encore de spécifique face à l’IA ?

Il s’agit d’une conférence de Stanislas Dehaene au Collège de France, donnée en octobre 2025, consacrée précisément à la comparaison entre le cerveau humain et les intelligences artificielles contemporaines.

Au lieu de tomber dans le fantasme de la « machine devenue humaine », Dehaene permet de comparer méthodiquement cognition biologique et intelligence artificielle.

Pour un étudiant ECG, c’est une excellente manière d’introduire dans une dissertation des connaissances contemporaines sérieuses sur intelligence, apprentissage, cognition, cerveau et IA.

La conférence pose une question extraordinairement actuelle pour le thème : ce que nous appelons intelligence définit-il encore la spécificité de l’humain ?

  • Intelligence
  • Apprentissage
  • Cognition
  • Cerveau
  • Intelligence artificielle

À retenir pour le concours

L’IA nous oblige à redéfinir non seulement ce qu’est une machine, mais également ce que nous appelons intelligence lorsqu’il s’agit de l’homme.

11Technique, IA, transhumanismeFrance Culture - avec Julien Gobin, économiste et philosophe

Que devient l’individu quand les technologies orientent ses choix ?

France Culture reçoit l’économiste et philosophe Julien Gobin autour des transformations de l’individu dans une civilisation façonnée par l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies.

La question est moins « allons-nous devenir des cyborgs ? » que : que devient l’individu lorsque les technologies commencent à anticiper, orienter ou déterminer ses choix ?

C’est un matériau précieux pour travailler liberté, autonomie, individualisme, libre arbitre et humanisme dans un sujet contemporain.

  • Liberté
  • Autonomie
  • Individualisme
  • Libre arbitre
  • Humanisme

À retenir pour le concours

Une technologie qui anticipe nos choix déplace la question de l’humanité vers celle de l’autonomie : rester humain, c’est peut-être rester l’auteur de ses décisions.