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Manuscrits économico-philosophiques de 1844

Fiche texte · Karl Marx · Manuscrits économico-philosophiques de 1844 · rédigés en 1844, publiés en 1932

Fiche texteL’humanité · Culture générale ECG 2026-27

Manuscrits économico-philosophiques de 1844

Karl Marx · Manuscrits économico-philosophiques de 1844 · rédigés en 1844, publiés en 1932

Ce que tu dois voir en lisant

Le travail, censé exprimer l’humanité de celui qui l’accomplit, peut-il au contraire la lui retirer ?

Le mouvement du texte

  1. D’abordle produit du travail devient une puissance étrangère : plus le travailleur produit, moins ce qu’il produit lui revient.
  2. Ensuitel’activité elle-même cesse d’être l’expression du travailleur : elle est subie, imposée, extérieure à lui.
  3. Enfinle travailleur est séparé de l’activité libre propre à l’espèce humaine, et son rapport aux autres hommes s’en trouve déformé.

La scène

Dans un atelier, un ouvrier répète toute la journée le même geste sur une pièce dont il ignore la destination finale et qu’il ne verra jamais assemblée. À la sortie, il retrouve un semblant de vie propre, tandis que ses collègues lui apparaissent surtout comme des concurrents pour les postes ou les cadences à venir. Rien dans cette scène ne suppose la misère : le salaire peut être correct, les horaires supportables, l’atelier propre et sûr. C’est précisément ce que Marx vise : une dépossession qui n’a pas besoin de la pauvreté pour exister, parce qu’elle touche le rapport même de l’homme à son activité.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire

Marx dit que le travail est mauvais.

Non : il vise le travail aliéné, pas l’activité humaine en général.

L’aliénation, c’est être mal payé.

Le salaire n’est qu’un aspect : l’aliénation touche l’activité et l’appartenance à l’espèce.

ecg-humanite.frRecto · 1/2 · Aurlom
Fiche texteL’humanité · Culture générale ECG 2026-27

Manuscrits économico-philosophiques de 1844 · Mobiliser

Où ça se joue aujourd’hui

Perte de sens au travail

Les témoignages sur l’absence de sens ressentie dans certains emplois, malgré des conditions matérielles correctes, reprennent sans le nommer le vocabulaire marxien de l’aliénation. Ils interrogent la possibilité de se reconnaître dans une activité que l’on ne maîtrise pas de bout en bout.

Fragmentation des tâches

La division très poussée des tâches dans certaines organisations reproduit la séparation entre celui qui conçoit et celui qui exécute décrite par Marx. Cette séparation peut subsister même lorsque les tâches deviennent intellectuelles plutôt que manuelles.

Reconnaissance au travail

Les revendications contemporaines portant sur la reconnaissance du travail accompli, au-delà de la seule rémunération, prolongent l’intuition selon laquelle l’activité devrait rester une expression de soi. Elles posent la question de ce qui, dans l’organisation du travail, empêche cette reconnaissance.

Le paragraphe modèle · Sujet : Le travail humanise-t-il nécessairement celui qui l’accomplit ?

On admet volontiers que le travail permette à l’homme de se réaliser et de transformer le monde à son image. Marx montre que cette réalisation dépend entièrement des conditions dans lesquelles l’activité s’exerce, et qu’elle peut se retourner en son contraire. On pourrait objecter que cette description vaut seulement pour le travail industriel du dix-neuvième siècle et perd sa pertinence dans des emplois plus qualifiés ou plus autonomes. Le problème se déplace alors vers la question de savoir si l’aliénation décrite par Marx tient à la nature du travail salarié en général ou seulement à certaines de ses formes historiques.

Le geste : Nommer les quatre dimensions de l’aliénation plutôt que se contenter du slogan « le travail aliène ».

À confronter avec

Hegel — le travail forme-t-il toujours la conscience, comme le pense Hegel, ou peut-il au contraire la déposséder, comme le montre Marx ?

Arendt — peut-on réduire l’humanité à sa seule activité productive, ou faut-il distinguer, avec Arendt, travail, œuvre et action ?

Dans quels sujets

  • Le travail humanise-t-il ?
  • Peut-on être étranger à soi-même ?
  • L’homme se définit-il par ce qu’il produit ?

Vérifie que tu as compris

  1. Peut-on être étranger à soi-même ?
  2. L’homme se définit-il par ce qu’il produit ?
  3. L’économie peut-elle déshumaniser ?

Pour viser plus haut

Sur un sujet « travail et humanité », nommer les quatre dimensions de l’aliénation (produit, activité, être générique, autrui) vaut mieux que dix lignes de généralités sur le travail qui aliène.

ecg-humanite.frVerso · 2/2 · Aurlom

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