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Le Principe responsabilité

Fiche texte · Hans Jonas · Das Prinzip Verantwortung / Le Principe responsabilité · 1979

Fiche texteL’humanité · Culture générale ECG 2026-27

Le Principe responsabilité

Hans Jonas · Das Prinzip Verantwortung / Le Principe responsabilité · 1979

Ce que tu dois voir en lisant

Notre puissance technique s’étend désormais bien au-delà de nos capacités anciennes de prévision : comment penser une responsabilité à la mesure d’actions dont les conséquences dépassent notre vie et notre génération ?

À retenir

Puissance → conséquences élargies → responsabilité élargie.

Le mouvement du texte

  1. D’abordla puissance d’action de l’homme a changé d’échelle : elle touche des systèmes entiers, sur des durées longues.
  2. Ensuitecette puissance rend possibles des dommages irréversibles, qui ne peuvent plus être réparés après coup.
  3. Enfinla morale ne peut plus se limiter aux conséquences immédiates : elle doit intégrer les générations futures, silencieuses et sans pouvoir de rétorsion.

La scène

Dans une salle de réunion, une équipe d’ingénieurs présente un projet de barrage destiné à fournir de l’électricité à toute une région pendant plusieurs décennies, plans et maquettes à l’appui. Les élus locaux examinent le coût des travaux, le nombre d’emplois créés et le calendrier de mise en service, sans qu’aucun document ne s’attarde sur le devenir du fleuve dans deux siècles. La réunion bascule lorsqu’un hydrologue signale que la structure envisagée rendra le cours d’eau durablement instable, bien après que ses concepteurs et les habitants présents auront disparu. La question n’est alors plus de savoir si le barrage fonctionnera, mais qui, dans cette salle, doit répondre d’un effet que personne présent n’aura jamais à subir.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire

Jonas est contre le progrès.

Non : il interroge comment gouverner une puissance technique nouvelle, pas l’interdire.

Dès qu’il existe un risque, il faut interdire.

Trop simple : Jonas pèse gravité, probabilité et irréversibilité, il ne supprime pas la décision.

ecg-humanite.frRecto · 1/2 · Aurlom
Fiche texteL’humanité · Culture générale ECG 2026-27

Le Principe responsabilité · Mobiliser

Où ça se joue aujourd’hui

Anticipation et irréversibilité

Certaines décisions techniques ou environnementales produisent des effets qui ne peuvent plus être défaits une fois engagés, ce qui interroge la place de la prudence face à une rentabilité immédiate. La question posée par Jonas rejoint alors celle de savoir à quel moment un risque cesse d’être acceptable simplement parce qu’il reste incertain.

Dette envers l’avenir

Les choix économiques ou énergétiques d’une génération engagent des ressources et des équilibres dont hériteront des personnes qui n’ont pris part à aucune décision. Peut-on continuer à mesurer la réussite d’un choix uniquement à son bénéfice présent, sans jamais faire entrer en compte ceux qui n’existent pas encore ?

Gouvernance des puissances nouvelles

Des systèmes techniques de plus en plus autonomes agissent désormais à une échelle et une vitesse que leurs concepteurs eux-mêmes peinent à anticiper entièrement. Cette situation relance la question de savoir qui doit répondre d’un effet que personne, individuellement, n’a voulu ni prévu dans son ampleur.

Le paragraphe modèle · Sujet : Avons-nous des devoirs envers les générations futures ?

Hans Jonas part d’un constat : notre puissance d’action a changé d’échelle, au point de pouvoir affecter des populations entières bien après notre propre disparition. Il en tire une conséquence exigeante, à savoir que la morale ne peut plus se limiter à peser les effets immédiats d’un acte sur autrui, mais doit intégrer des sujets qui n’ont ni voix ni pouvoir de rétorsion. On objectera qu’une telle exigence paralyse l’action, puisque toute innovation comporte une part d’incertitude sur ses suites lointaines. Mais Jonas ne demande pas la certitude : il demande que la gravité et l’irréversibilité d’un dommage possible pèsent davantage que son incertitude probable. Le problème se déplace alors vers la question de savoir quelle part de prudence une génération doit à celles qui lui succéderont sans avoir été consultées.

Le geste : Faire porter la démonstration sur le lien entre puissance et responsabilité, plutôt que sur une condamnation morale abstraite du progrès.

À confronter avec

Kant — devoir présent envers les personnes contre responsabilité envers un avenir sans sujets actuels.

Arendt — la natalité, ce qui doit pouvoir commencer, contre la prudence tournée vers ce qui ne doit pas finir.

Dans quels sujets

  • Sommes-nous responsables de la Terre ?
  • Avons-nous des devoirs envers les générations futures ?
  • L’IA menace-t-elle L’humanité ?

Vérifie que tu as compris

  1. Sommes-nous responsables de la Terre ?
  2. Le progrès technique doit-il être limité ?
  3. La puissance crée-t-elle des devoirs ?

Pour viser plus haut

Jonas fait passer la responsabilité d’un modèle rétrospectif (je réponds de ce que j’ai fait) à un modèle prospectif : anticiper ce que ma puissance rend possible avant qu’il soit trop tard pour revenir en arrière.

ecg-humanite.frVerso · 2/2 · Aurlom

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