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Du Bois, The Souls of Black Folk : que devient la conscience de soi sous un regard qui déprécie ?

Fiche texte · W. E. B. Du Bois · The Souls of Black Folk · 1903

Fiche texteL’humanité · Culture générale ECG 2026-27

Que devient la conscience de soi sous un regard qui déprécie ?

W. E. B. Du Bois · The Souls of Black Folk · 1903

Ce que tu dois voir en lisant

Une société qui hiérarchise les hommes peut modifier la manière dont les individus sont contraints de se rapporter à eux-mêmes.

Le mouvement du texte

  1. D’abordDistinguer la double conscience, socialement produite, d’une prétendue double personnalité relevant de la psychiatrie.
  2. EnsuiteMontrer que Du Bois refuse l’alternative imposée entre être noir et être américain.
  3. EnfinComprendre qu’une société peut priver un groupe d’un accès paisible à soi.

La scène

Dans une salle de classe, un professeur distribue les résultats d’un contrôle pendant qu’un élève range ses affaires en silence, attentif au moindre regard de ses camarades posé sur sa copie. Sur le trajet du retour, dans le bus, il repasse dans sa tête la manière dont il devra présenter cette note à sa famille, en anticipant déjà les questions et les jugements qu’il imagine entendre. Le jour où l’établissement change de quartier et que la composition de la classe se transforme, ce même élève découvre qu’il n’a plus besoin d’anticiper ce regard précis, et que ses gestes en classe deviennent plus spontanés. La bascule montre que l’aisance à se rapporter à soi dépend étroitement du monde social qui observe, juge et catégorise, et non d’une disposition intérieure fixée une fois pour toutes.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire

Double conscience = maladie mentale.

Non : c’est une situation sociale et historique.

Du Bois veut supprimer l’identité noire.

Non : il refuse l’alternative imposée entre être noir et être américain.

ecg-humanite.frRecto · 1/2 · Aurlom
Fiche texteL’humanité · Culture générale ECG 2026-27

Que devient la conscience de soi sous un regard qui déprécie ? · Mobiliser

Où ça se joue aujourd’hui

Réseaux et image de soi

Chacun peut désormais mesurer en permanence l’image qu’il donne à un public dispersé, en ajustant ses gestes à un regard extérieur constant. Ce texte permet de se demander si cette surveillance de soi par le regard d’autrui produit une conscience durablement divisée.

Minorités et institutions

Des groupes juridiquement égaux en droits continuent parfois de se voir renvoyer, par les institutions ou les représentations courantes, une image dépréciée d’eux-mêmes. La question posée est de savoir si l’égalité formelle suffit à dissoudre un tel regard intériorisé.

Double appartenance

Des personnes vivant entre deux cultures ou deux communautés se voient parfois sommées de choisir une appartenance unique, comme si les deux ne pouvaient coexister sans contradiction. Ce texte éclaire durablement la difficulté d’habiter pleinement deux identités sans que l’une soit sacrifiée à l’autre.

Le paragraphe modèle · Sujet : Le regard des autres nous rend-il humains ?

Une conscience qui doit constamment se voir depuis un regard extérieur hostile ne dispose plus d’un accès simple à elle-même : elle mesure chacun de ses gestes à l’aune d’une norme qu’elle n’a pas choisie. Cette situation a une conséquence précise : la reconnaissance ne manque pas seulement de façon extérieure, par des droits refusés, elle s’immisce dans l’intimité même du jugement que le sujet porte sur lui. On pourrait répondre que l’égalité juridique suffit à dissoudre ce trouble, une fois les discriminations formelles supprimées. Mais cette réponse confond deux problèmes distincts, puisqu’un statut légal égal peut coexister avec des représentations sociales, scolaires ou professionnelles qui continuent de renvoyer une image dépréciée. Le problème se déplace alors vers une question plus difficile : comment une conscience peut-elle apprendre à juger d’elle-même sans emprunter entièrement les catégories du regard qui la domine ?

Le geste : Distinguer, dans le texte, la double conscience socialement produite d’une prétendue double personnalité relevant de la psychiatrie.

À confronter avec

Hegel — La reconnaissance suffit-elle à fonder la conscience de soi, ou peut-elle au contraire la meurtrir ?

Kant — La dignité universelle proclamée en droit efface-t-elle réellement l’humiliation vécue au quotidien ?

Dans quels sujets

  • Le regard des autres nous rend-il humains ?
  • Autrui est-il nécessaire à l’identité ?
  • Une société peut-elle déshumaniser sans violence physique ?

Vérifie que tu as compris

  1. Le regard des autres nous rend-il humains ?
  2. Autrui est-il nécessaire à l’identité ?
  3. Une société peut-elle déshumaniser sans violence physique ?

Pour viser plus haut

Une société peut priver un groupe non seulement d’égalité extérieure, mais d’un accès paisible à soi, en imposant son propre regard dépréciatif.

ecg-humanite.frVerso · 2/2 · Aurlom

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