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Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain

Fiche texte · Nicolas de Condorcet · Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain · publication posthume, an III (1794-1795)

Fiche texteL’humanité · Culture générale ECG 2026-27

Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain

Nicolas de Condorcet · Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain · publication posthume, an III (1794-1795)

Ce que tu dois voir en lisant

Condorcet écrit en pleine tourmente révolutionnaire : a-t-il des raisons d’espérer un progrès continu de l’esprit humain, ou proclame-t-il un optimisme sans fondement ?

À apprendre par cœur

« la perfectibilité de l’homme est indéfinie »

Le mouvement du texte

  1. D’abordObserver les sciences et les arts : découvertes, méthodes et arts fonctionnent comme des moteurs identifiables du progrès.
  2. EnsuiteÉtendre l’analyse aux institutions, aux droits et à l’égalité, pas seulement à la technique.
  3. PuisFixer le critère du véritable progrès : il doit améliorer la condition humaine, non seulement accumuler des connaissances.
  4. EnfinEn conclure que la perfectibilité de l’homme est indéfinie, sans que cela promette une perfection définitivement atteinte.

La scène

Condorcet rédige son Esquisse alors qu’il se cache, recherché par les autorités révolutionnaires, sans savoir s’il survivra assez longtemps pour achever son manuscrit. Il pourrait, dans cette situation extrême, se contenter de dresser le bilan amer d’une Révolution qui menace jusqu’à sa propre vie. Il choisit au contraire de décrire les progrès passés des sciences, de l’instruction et des institutions comme autant de raisons d’espérer un perfectionnement futur de l’humanité. Cette décision d’écrire l’espoir au moment même où sa propre existence est menacée constitue, à elle seule, la meilleure illustration de ce qu’il entend par confiance raisonnée dans le progrès, distincte d’un optimisme naïf ignorant les violences du présent.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire

Condorcet pense que le progrès est automatique.

Trop simple : il identifie des mécanismes précis, science, instruction, institutions.

L’humanité deviendra nécessairement parfaite.

Il parle de perfectionnement indéfini, pas d’arrivée mécanique à une perfection absolue.

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Fiche texteL’humanité · Culture générale ECG 2026-27

Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain · Mobiliser

Où ça se joue aujourd’hui

Progrès technique et progrès moral

Les débats actuels sur un progrès technique qui ne s’accompagnerait pas nécessairement d’un progrès moral équivalent prolongent l’exigence de Condorcet : un perfectionnement réel doit améliorer effectivement la condition humaine, non seulement multiplier les inventions. Cette exigence permet de distinguer accumulation technique et progrès véritable.

Instruction et inégalités persistantes

Constater que l’accès à une instruction de qualité reste très inégal selon les milieux, alors même que les moyens de diffuser le savoir n’ont jamais été aussi nombreux, interroge directement la confiance de Condorcet dans l’instruction comme moteur du progrès collectif. Le mécanisme qu’il décrit fonctionne-t-il encore lorsque la diffusion du savoir ne s’accompagne pas d’un égal accès à celui-ci ?

Régressions et perfectionnement indéfini

Des reculs manifestes en matière de droits ou de libertés, survenant après des périodes de progrès apparent, obligent à reformuler la question de Condorcet. Le perfectionnement indéfini qu’il annonce est-il un mouvement continu, ou seulement une tendance générale traversée de régressions possibles ?

Le paragraphe modèle · Sujet : L’humanité progresse-t-elle ?

Affirmer, avec Condorcet, que l’humanité progresse ne signifie pas soutenir que chaque période est nécessairement meilleure que la précédente, mais que certains mécanismes précis, sciences, instruction et institutions, rendent un perfectionnement indéfini raisonnablement espérable. Cette thèse a une conséquence exigeante : elle oblige à identifier, dans chaque période historique, ce qui relève réellement de ces mécanismes et ce qui n’en relève pas, plutôt que de se contenter d’une impression générale d’amélioration. On objectera que des sociétés ayant connu un développement scientifique et technique considérable ont aussi produit, au cours de leur histoire, des violences d’une ampleur inédite, ce qui semble contredire tout perfectionnement continu. Condorcet répondrait sans doute que le progrès des connaissances ne garantit pas mécaniquement le progrès des institutions ni celui des mœurs, et que ces différentes dimensions n’avancent pas nécessairement au même rythme. Le problème se déplace alors vers une question plus précise : quelles dimensions du progrès sont réellement cumulatives dans le temps, et lesquelles restent, à tout moment, susceptibles d’être perdues.

Le geste : Distinguer, parmi les dimensions du progrès, celles qui sont réellement cumulatives et celles qui restent réversibles.

À confronter avec

Rousseau — La perfectibilité rend-elle l’homme capable du meilleur, ou tout autant du pire selon les sociétés ?

Voltaire — Faut-il dénoncer l’illusion que tout est déjà bien, ou espérer raisonnablement un avenir meilleur ?

Dans quels sujets

  • L’humanité progresse-t-elle ?
  • Existe-t-il un progrès moral ?
  • L’homme est-il perfectible ?

Vérifie que tu as compris

  1. L’humanité progresse-t-elle ?
  2. Existe-t-il un progrès moral ?
  3. L’homme est-il perfectible ?

Pour viser plus haut

Sa confiance est extraordinaire mais historiquement située : la rappeler dans son contexte révolutionnaire vaut mieux que la juger depuis notre siècle.

ecg-humanite.frVerso · 2/2 · Aurlom

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