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Levinas × Sartre

Fiche confrontation · Confrontation fin

Fiche confrontationL’humanité · Culture générale ECG 2026-27

Levinas × Sartre

Confrontation fin

La tension exacte

Autrui est-il celui dont le regard me chosifie, ou celui dont le visage m’oblige avant tout choix ?

Levinas

1906-1995

Chez Levinas, la rencontre d’autrui se joue dans un visage qui m’assigne une responsabilité que je n’ai pas choisie.

Mot-clé visage

Texte d’appui Totalité et Infini, 1961

Sartre

1905-1980

Chez Sartre, la rencontre d’autrui se joue d’abord dans un regard qui me fige en objet.

Le point précis de désaccord

Chez Sartre, la rencontre d’autrui commence par un regard qui me fige en objet et me révèle ma propre extériorité pour lui ; chez Levinas, elle commence par un visage qui m’assigne une responsabilité que je n’ai pas choisie, avant même toute réciprocité. L’un décrit un rapport de forces entre consciences, l’autre une obligation qui précède tout conflit.
ecg-humanite.frRecto · 1/2 · Aurlom
Fiche confrontationL’humanité · Culture générale ECG 2026-27

Levinas × Sartre · Mobiliser

La phrase prête à écrire dans ta copie

Chez Sartre, la rencontre d’autrui se joue d’abord dans un regard qui me fige en objet ; chez Levinas, elle se joue dans un visage qui m’assigne une responsabilité que je n’ai pas choisie.

Où le placer dans le plan

Sartre en I ou II : autrui comme regard qui m’objective. Levinas en III : autrui comme visage qui m’oblige. Le passage de l’un à l’autre te fait aller d’une description de la rencontre à une éthique.

Où ça se joue aujourd’hui

Relation à l’étranger

L’accueil de personnes en situation de vulnérabilité peut se décrire soit comme une expérience où le regard de l’autre me met en jeu, dans une lecture proche de Sartre. Il peut aussi se décrire, plus radicalement, comme une obligation immédiate que son seul visage impose, ce qui rejoint plutôt Levinas.

Exposition sur les réseaux

Être vu et jugé par le regard d’autrui, dans un espace où chacun s’expose à l’évaluation permanente des autres, illustre assez bien la description sartrienne d’une conscience qui se sent objet. Levinas répondrait que ce regard, aussi pesant soit-il, ne dit encore rien de l’obligation plus radicale que le visage d’autrui peut faire naître en dehors de tout jugement.

Le paragraphe modèle · Sujet : Que devons-nous aux autres ?

Sartre décrit d’abord la rencontre d’autrui comme une menace pour ma liberté : le regard de l’autre me transforme en objet dans son propre monde, avant que je ne puisse à mon tour l’objectiver en retour. La conséquence est un rapport à autrui structurellement marqué par une forme de conflit des libertés, chacune cherchant à échapper à l’objectivation par l’autre. Levinas déplace la focale : le visage d’autrui ne me menace pas, il m’oblige, il m’assigne une responsabilité que je n’ai pas choisie et qui précède tout calcul de réciprocité. Le problème se déplace alors de la description d’un conflit vers la reconnaissance d’une exigence reçue avant même que je ne délibère. Ce que nous devons aux autres se comprendrait alors moins comme une négociation entre deux libertés que comme une obligation qui nous précède.

Le geste : Partir d’une description conflictuelle de la relation à autrui pour la faire basculer vers une exigence éthique plus radicale.

Dans quels sujets

  • Autrui est-il notre semblable ?
  • L’étranger est-il notre semblable ?
  • Que devons-nous aux autres ?

L’erreur à éviter

Ne réduis pas Sartre à une pensée du conflit systématique avec autrui : le regard qui m’objective décrit une structure de la rencontre, non une hostilité nécessaire entre les consciences.

ecg-humanite.frVerso · 2/2 · Aurlom

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