Montaigne
Michel de Montaigne · 1533-1592
Œuvre essentielle : Essais, 1580
Le problème qu’il affronte
Peut-on juger une autre culture sans se contenter d’ériger nos propres coutumes en vérités universelles ? Montaigne part du constat que la coutume façonne notre jugement : ce qui nous paraît naturel est souvent simplement familier.
Le raisonnement, pas à pas
- D’abordChacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage, transformant facilement ses habitudes en vérités universelles.
- EnsuiteL’autre permet de nous découvrir nous-mêmes : l’altérité fonctionne comme un miroir, en particulier lorsqu’on compare les violences européennes à celles des peuples qualifiés de « sauvages ».
- PuisCivilisation et barbarie ne sont donc pas des catégories simples ni immédiatement opposées.
- EnfinLa diversité des coutumes doit rendre le jugement plus prudent, sans pour autant le rendre impossible : il faut examiner la règle avec laquelle on juge l’autre avant de le juger.
La scène qui fait tout comprendre
Un Européen qualifie de barbares des pratiques qu’il découvre chez un peuple lointain. En comparant ces pratiques aux cruautés commises dans sa propre civilisation, il découvre que le mot « barbare » désigne d’abord ce qui lui est étranger.
Ce détour par l’autre l’oblige à réexaminer la règle qu’il utilisait spontanément pour juger.
La distinction qui sert partout · Juger ou renoncer à juger ?
Relativisme absolu
Toutes les valeurs sont relatives, aucun jugement n’est possible.
Montaigne
Examiner la règle avec laquelle on juge l’autre avant de le juger.
Les deux contresens qui coûtent des points
Montaigne continue à juger, en parlant de raison, de cruauté ou de tyrannie ; il ne renonce pas à tout jugement.
Son propos est plus précis : il utilise la comparaison pour retourner l’examen contre le lecteur européen, non pour idéaliser un peuple qu’il connaît surtout par des récits.

